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Actualités28 janvier 2022

La French Tech au pays des licornes 

la french tech au pays des licornes

Vous les utilisez tous les jours ! Pour partir en vacances, pour changer de smartphone, pour prendre un rendez-vous chez le médecin ou pour aller au restaurant. Sans le savoir, vous êtes entouré de licornes !

Nous ne parlons pas ici d’arc-en-ciel, de chevaux magiques et de mondes féeriques mais de la French Tech. Et le moins qu’on puisse dire c’est qu’elle n’a laissé personne indifférent en 2021. Ses start-up ont levé plus de 10 milliards d’euros, soit le double de 2020, propulsant l’Hexagone à la première place des levées de fonds en Europe. Les licornes ont quant à elles poussé comme des champignons : BackMarket, Lydia, ManoMano, Blablacar, Qonto ou encore Swile. 

Et 2022 compte bien battre tous les records. Depuis le 1er janvier, 4 nouvelles entreprises valorisées à plus d’un milliard d’euros ont déjà émergé : Spendesk, Exotec, Payfit et Ankorstore. Avec un nombre total de 26 licornes, la France a dépassé, avec trois ans d’avance, l’objectif fixé par Emmanuel Macron. 

L’écosystème des start-up est en pleine forme et il ne compte pas s’arrêter là ! Pourquoi pas des décacornes pour 2022 ? Comment sont nées ces start-up ? Comment expliquer leur succès ? 

Retour sur une année folle qui n’a pas dit son dernier mot. Tacotax vous donne toutes les clés d’une success story qui ne se dément pas !

 

 

Le monde merveilleux des licornes 

L’animal fantastique au pelage blanc immaculé (ou arc-en-ciel selon les versions) n’a toujours pas été aperçu. Mais, son pendant économique est lui bien réel  ! La France en compte d’ailleurs 26  ! Plus si rare apparemment… 

Mais qu’est-ce qu’une licorne ? C’est une start-up, non cotée en Bourse, dont la valorisation dépasse un milliard d’euros. Nous semblons très loin du cheval à corne…  Et pourtant pas tant que ça. En effet, le terme est apparu pour la première fois en 2013 grâce à Aileen Lee. Cette investisseuse américaine cherchait un terme pour définir ces « méga-hits » de l’entrepreneuriat rarissimes, mais promis à devenir de grandes entreprises.

À l’époque, sur 60 000 entreprises américaines dans le numérique qui avait été financé par des investisseurs, seules 39 avaient explosé et atteint cette fameuse valorisation à un milliard de dollars, soit 0,07 % d’entre elles. Le terme de licorne prenait alors tout son sens  ! Ces start-up étaient aussi rares que l’animal mythologique. D’ailleurs, elle expliquait dans un article de TechCrunch qu’«  il est vraiment difficile, et hautement improbable, de créer ou d’investir dans une entreprise d’un milliard de dollars  ».

Aujourd’hui, dur de connaître le nombre exact de licornes dans le monde. Le site CB Insights en comptabilise actuellement 977. Elles se trouvent principalement en Chine et aux États-Unis :

  • SpaceX, 
  • Epic Games, 
  • Bytedance, 
  • Revolut.

La France, quant à elle, a longtemps été une des dernières de la file. Il y a encore quelques années, on pouvait compter ses licornes sur les doigts d’une main. À présent, elles sont 26 et la French Tech ne s’est jamais aussi bien portée  ! 

Pas si varié… 

On pourrait penser que les licornes se développent dans plusieurs secteurs. Quand on observe les 26 licornes français, on peut voir de l’assurance, de la mobilité, du RH ou même des télécoms. Mais à regarder de plus près sur les 14 secteurs, seuls 4 domaines d’activité tiennent le haut du pavé. En effet, ce sont les seuls dont la valorisation cumulée dépasse les 5 milliards de dollars. Il s’agit de : 

  • l’e-commerce (13 milliards, quatre entreprises), 
  • les divertissements (8,01 milliards, trois entreprises), 
  • la Fintech (8,9 milliards, quatre entreprises),
  • le retail (5,48 milliards, deux entreprises). 

Ces licornes qui nous facilitent la vie

Pour beaucoup, les licornes semblent abstraites, voire très éloignées de nos quotidiens. Et pourtant vous les connaissez quasiment toutes. Elles font pour la plupart partie de nos vies et sans elles, il faut bien le dire, nous serions tous un peu perdus. Concentrons-nous sur quelques-unes d’entre elles. Here we go ! 

  • Back Market : Avec une valorisation de 3 milliards de dollars, Back Market a peu à peu gagné la confiance des consommateurs qui sont toujours plus nombreux à acheter leurs téléphones, ordinateurs ou consoles reconditionnés en ligne. Devenue licorne au printemps 2021, la start-up a passé la barre des 5 millions de clients dans le monde. Elle est certainement la licorne qui a le plus de chance de devenir la première décacorne française. 
  • Lydia : « Tu me fais un Lydia ? » Que serions-nous sans cette fintech qui simplifie nos paiements ? Lancée en 2013, elle compte désormais 5,5 millions d’utilisateurs et chaque année 4 milliards d’euros transitent par l’application. Au fil des années, la start-up française s’est rendue indispensable et a pris de plus en plus de place. En effet, elle propose notamment une carte bancaire, des microcrédits, ou encore des services dédiés à l’épargne rémunérée ou au paiement fractionné.
  • Doctolib : S’il y a bien une application qui a « profité » de la campagne de vaccination, c’est celle-ci. Pourtant, Doctolib était déjà le leader de la réservation en ligne de rendez-vous médicaux avec 40 millions de visiteurs mensuels au printemps 2019. Depuis le lancement de la campagne, 75 millions de rendez-vous de vaccination ont été pris sur Doctolib. L’application gère désormais les agendas de 150 000 professionnels de santé, soit environ 20 % d’entre eux.

Les chiffres fous de la French Tech 

  • 10 milliards d’euros : C’est le montant que les start-up françaises ont levé en 2021. La start-up Sorare, pépite de la crypto, a signé la plus grosse levée de fonds de l’année (et de toute l’histoire de la French Tech) avec 680 millions de dollars.
  • 12 nouvelles licornes en 2021
  • 0 femme : Malheureusement il n’y a toujours pas de femmes à la tête des 26 licornes françaises. 
  • 1,6 milliard d’euros : Eurazeo a levé le plus grand fonds tech européen de croissance à l’été 2021.
  • 1 sur 3 : Les investisseurs étrangers ont investi massivement dans les start-up françaises en 2021. Dans une levée de fonds sur trois, il y avait au moins un investisseur étranger. Et ce n’est que le début. La scène française, et plus largement européenne, devrait recevoir une nouvelle pluie de financements de l’étranger en 2022.
  • 5 milliards d’euros : Une excellente nouvelle pour les jeunes pousses qui peinent à se faire financer. Dans son programme de relance, Emmanuel Macron a promis 5 milliards d’euros, dont 3 milliards en fonds propres, pour faire émerger des start-up industrielles. La gestion de cette enveloppe est à nouveau confiée à Bpifrance.

2021 et French Tech : l’année de tous les superlatifs !

Challenge accepted

Les records pleuvent sur la French Tech. Certes, l’explosion des licornes tire vers le haut cette dynamique, mais le phénomène est bien plus vaste. Les investissements ont atteint des sommets jamais connus auparavant ! 

Dire qu’en septembre 2019, Emmanuel Macron lançait son grand défi aux entrepreneurs et aux investisseurs. Avoir 25 licornes en France d’ici 2025 ! Nous voilà un peu plus de deux ans plus tard, et le challenge est relevé haut la main. 

Tout n’était pourtant pas gagné ! En 2020 à l’époque où il n’y avait que 9 licornes, Doctolib faisait sa grande entrée dans le club fermé des entreprises valorisées à plus d’un milliard d’euros. Malheureusement, la pandémie pointait le bout de son nez.  Très vite les priorités ont changé, il fallait avant tout protéger les start-up et ne pas revivre une année noire comme en 2001 et 2008. 

Heureusement, cela n’a pas empêcher les start-up de poussées ! En effet, les levées de fonds ont repris leur cours, notamment celles de plus de 100 millions d’euros. Résultat : beaucoup avaient le potentiel de passer le cap du milliard de valorisations. 

Les investisseurs étrangers ont également beaucoup aidé. Les Américains et les Asiatiques ont largement participé aux méga levées de la French Tech. Le potentiel de l’Hexagone n’a pas échappé au reste du monde. En 2021, les licornes ont levé 11,6 milliards d’euros. C’est un record historique ! 

French Tech : le présent se conjugue au futur

Ça ne fait que commencer 

Et si le futur était ailleurs  ? Maintenant que les objectifs du quinquennat sont atteints, il faut viser encore plus haut et plus loin que les élections présidentielles. Voilà pourquoi Emmanuel Macron veut partir en croisade contre les géants chinois et américains. Pour cela, il va donner à ce nouveau cap une dimension européenne. 

« Il faut trouver le chemin de modèles durables et rentables, passer à l’échelle, car la compétition est internationale et continue de s’accélérer. Un nouvel objectif : créer 10 géants de la Tech d’ici 2030 au niveau européen. » Par géants, le président entend des sociétés valorisées plus de 100 milliards.

Pour y parvenir, l’Élysée veut s’appuyer sur France 2030 dont la moitié des 34 milliards d’euros seront tournés vers les start-up, dans l’espoir de faire émerger des jeunes pousses dans des secteurs clés comme : 

  • le quantique, 
  • le new space 
  • la deeptech. 

« Il faudrait que l’on puisse avoir trois ou quatre start-up parmi les 10 géants de la Tech. Et que dans chaque verticale identifiée dans France 2030, nous puissions créer un leader technologique. »

Le saviez-vous ?

 

France 2030 est un grand plan d’investissement d’avenir. Il est doté de 30 milliards d’euros déployés sur 5 ans et vise à développer la compétitivité industrielle et les technologies d’avenir. Il poursuit 10 objectifs pour mieux comprendre, mieux vivre et mieux produire, à l’horizon 2030. Pour en savoir plus. 

Pour Cédric O, Secrétaire d’État chargé de la Transition numérique, « le nouveau cap serait de voir entrer deux ou trois start-up dans le CAC 40 et je pense que c’est tout à fait réaliste. Doctolib, Alan, Swile ou Back Market sont de solides candidates et ça prouverait aussi la capacité de l’écosystème à créer de la liquidité pour les investisseurs à Paris. »

Au rythme où se développent les pépites tricolores, ce cap paraît de moins en moins inatteignable.

Et après ?

Comme l’expliquait plus haut Cédric O, la voie prise par beaucoup de licornes, c’est la Bourse. Une manière pour elles de poursuivre leur expansion. D’autres vont voir si l’herbe est plus verte ailleurs en écrivant leur avenir hors des marchés financiers, au point même de devenir de véritables monstres. Il existe désormais des : 

  • décacorne au-dessus de 10 milliards comme Slack 
  • pentacorne au-dessus de 50 milliards comme ​​Stripe et Didi Chuxing
  • hectocorne (ou centicorne) au-dessus de 100 milliards. Très rares, SpaceX et Bytedance sont les seuls membres de cette catégorie.

Certaines licornes finissent aussi par s’effondrer, comme l’entreprise britannique Powa Technologies qui affichait une valorisation de 2,6 milliards de dollars avant de s’écrouler.

C’est important d’être licorne ?

En France, on n’est pas tous convaincus. Voilà pourquoi, depuis quelque temps, certains se sont amusés à créer un nouveau terme : zèbre. Plus terre à terre, nous sortons de la mythologie et de l’animal fantastique qu’est la licorne pour retrouver la savane et un animal bien réel. L’animal à rayures symbolise une entreprise qui n’a rien d’imaginaire. Elle assure une croissance plus modeste, mais une réelle rentabilité et de la cohérence. 

Le zèbre attire certes moins l’attention, mais il est plus fiable et est fait pour durer. Les défenseurs de ce nouveau terme ont d’ailleurs soulevé le problème de ces grandes entreprises qui se sont longtemps prises pour des géants. Sorte de poneys qui s’imaginaient licornes. 

Licorne et French Tech : pourquoi pas vous ? 

Commençons par faire la différence entre une start-up et une PME. Une start-up est souvent aussi une PME (en termes d’employés et de chiffre d’affaires). Disons simplement qu’une start-up va chercher à bouleverser un marché, alors qu’une PME est une entreprise plus classique, à la structure bien établie, qui répond à un besoin déjà existant. Mais comment se financent-elles ? Il existe deux moyens :

  • les fonds privés,
  • la Bourse.

Les fonds privés se composent généralement du capital du fondateur ou celui de ses proches. Mais, souvent, cela ne suffit pas. Voilà pourquoi, lorsqu’une start-up ou une PME a besoin de plus de ressources, elle va chercher du financement via de la dette (banque ou autre) ou via de l’equity (les apports financiers des actionnaires de l’entreprise, au moment de sa création ou plus tard lors de la hausse du capital). C’est à ce moment-là qu’entre en jeu :

  • des business angels (voir encadré)
  • un partenaire stratégique (le fournisseur le plus important, par exemple)
  • des fonds d’investissements (Seed, Venture, Private Equity mais aussi LBO et MBO)
Qu’est-ce qu’un business angel ?

 

Un business angel est une personne physique qui décide d’investir une partie de son patrimoine financier dans des sociétés innovantes à fort potentiel.

Le business angel est souvent un cadre d’entreprise en activité ou un ancien entrepreneur. Il sera là pour partager son carnet d’adresses et donner des conseils pour favoriser le développement de l’entreprise. L’objectif du business angel est simple : dégager une plus-value via son investissement.

Comment investir ?

Plusieurs choix s’offrent à vous :

  • en direct s’il s’agit d’un business angel,
  • via un fonds non régulé comme des fonds de seed ou régulé (FIP Corse, FIP ultra marin, FCPI, FCPR et même FPCI).

Les avantages :

  • réductions d’impôts car vous financez de l’économie que les banques ou la Bourse ne veulent souvent pas financer
  • possibilité de faire de très gros multiples si la boîte marche.

Les risques :

  • l’argent est bloqué au moins 5 ans si vous êtes dans un fonds
  • le risque de perte en capital est très fort car ces start-up ne sont pas établies
  • faible liquidité car le titre n’est pas très connu. Résultat : il sera plus difficile de vendre.

Le saviez-vous ? 

La levée de fonds consiste à rechercher des investisseurs ou institutions susceptibles d’investir au capital d’une société. Ce mode de financement concerne surtout les entreprises innovantes et les start-up à fort potentiel de développement. L’objectif pour les investisseurs est de réaliser une forte plus-value lors de la revente de leurs titres.

La levée de fonds peut se réaliser :

  • lors de l’amorçage du projet. Les montants ne sont en règle générale pas très importants et les investisseurs concernés sont surtout des business-angels,
  • lors du développement de l’activité afin de recruter des équipes, améliorer l’offre, et communiquer. Les montants sont plus importants et des fonds d’investissement peuvent s’intéresser au projet. 

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