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Comment faire pour investir ? (Guide)

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Marie Caillet
Marie Cailletrelu parMartin Cortet

Mis à jour le 24 janvier 2023

Comment investir ? Quel rendement viser ? Comment prioriser ses objectifs ? On l’a dit et redit : en période de crise économique, les livrets d’épargne ne sont pas suffisants. Aujourd'hui, de nombreux supports d'investissement existent, et surtout, vous n'avez pas besoin d'un gros montant pour démarrer. Le plus important ? La régularité et une bonne connaissance de vos objectifs. Voici comment bien débuter dans vos investissements, pas à pas ! 

Quand commencer à investir  ?

Pourquoi investir ? 

De nombreuses motivations peuvent pousser à investir son argent :

  • réduire ses impôts ;
  • augmenter ses revenus ;
  • faire fructifier son capital ;
  • se constituer un patrimoine ;
  • protéger sa famille ;
  • préparer sa retraite, etc. 

Pourtant, si les Français ont l’habitude d’épargner (un Français sur deux épargne au moins une fois par mois), ils sont plus réticents à investir leur argent dans des placements actifs. Crise économique oblige, les ménages sont prudents avec leur argent et concentrent leur effort d’épargne sur des produits sans risques : 89 % des Français affirment détenir au moins un produit financier à « faible » risque, avec une préférence marquée pour le Livret A. 

Des placements sécurisés certes, mais déficitaires. En jouant la carte de la sécurité, vous courrez le risque de laisser votre argent dormir (sur un compte sur livret ou un compte-titre). Ce qui se traduit immanquablement par un manque à gagner, au fil des années.

Pourquoi est-il intéressant d’investir tôt ?

 « Le meilleur moment pour planter un arbre, c'était il y a 20 ans ». Ce dicton est souvent appliqué aux finances personnelles : plus on commence tôt, mieux c’est ! Et ce pour 3 raisons :

  1. construire son patrimoine prend du temps,
  2. en investissant sur le long terme, vous lissez les risques de perte,
  3. plus vous commencez tôt, plus vous bénéficiez de l’effet des intérêts composés.

Quand commencer à investir ? L'idéal : se lancer dans la vingtaine, même avec de petits montants, pour cumuler les avantages :

  • prendre date : par exemple, la fiscalité d'une assurance vie est particulièrement intéressante après 8 ans. En ouvrant un contrat tôt, vous mettez toutes les chances de votre côté pour bénéficier de sa fiscalité au moment opportun ;
  • apprendre la gestion financière : vous testez la volatilité des placements, vous apprenez à être régulier et à mieux connaître votre profil d'investisseur (rapport au risque, horizon de placement souhaité...) ; 
  • optimiser l'effet « boule de neige » des intérêts composés : en commençant tôt, même avec de petits montants, vous boostez vos placements, car chaque année apportera son lot d'intérêts composés et viendra gonfler votre capital. Or, les produits d’investissement, même s’ils n’offrent pas un taux d’intérêt fixe et garanti comme un livret, font une nette différence sur le long terme : petit à petit, vous pouvez valoriser un capital de 50 000 euros, un investissement de 100 000 euros...

Comment protéger son argent ? 

Il est important de rappeler qu'avant d'investir, il est nécessaire de disposer d’une épargne de sécurité. Veillez à mettre de côté un fonds de secours, consacré aux imprévus et aux urgences, que vous laisserez sur votre livret A pour pouvoir en disposer immédiatement si besoin. 

Investir votre argent comporte un risque de perte en capital et implique de vous en passer pendant plusieurs années. Il y a une règle d’or : investir seulement l’argent que l’on est prêt à perdre. Sécurisez donc d'abord vos finances dans le présent !

Par ailleurs, lorsque vous débutez, orientez-vous toujours vers des supports d’investissement qui vous permettent de moduler le niveau de risque. 

Comment investir pour un débutant ?

Étape 1 : faites le point sur vos finances

Avant de vous projeter dans vos investissements futurs et d’entamer des démarches auprès de votre banquier, il faut commencer par faire un bilan de vos finances personnelles. Cette étape est indispensable afin d’éviter de vous retrouver à investir des capitaux que vous n’avez pas. 

Faites également un bilan rapide de vos dépenses annuelles, en incluant les charges de votre logement (factures d’énergie, loyers), les impôts locaux (taxe d’habitation, taxe foncière, etc.), vos frais professionnels (essence, péage, formation, équipement), les dépenses de loisir (vacances, voyages, sortie, etc.). Tâchez d’établir un budget annuel plutôt que mensuel. Cela vous permettra d’estimer votre patrimoine

Une fois que vous avez votre reste à vivre sous les yeux, vous pourrez définir le montant réaliste et cohérent que vous pourrez allouer chaque mois à votre projet d’investissement.

Étape 2 : définissez votre objectif

Vous avez constitué votre fonds de sécurité et vous êtes prêt à investir ? Il est temps de vous pencher sur les solutions existantes. 

Tout d'abord, il est important de garder la tête froide : sur Internet, les vendeurs de rêves pullulent. Trading, Bourse, investissement locatif... Oui, ces stratégies existent, mais elles demandent de solides connaissances financières et un bon niveau de tolérance au risque. Méfiez-vous des promesses de rendement trop belles pour êtres vraies et commencez à votre niveau.

Le premier paramètre à regarder : votre horizon d'investissement. La plupart des produits d’investissement ont une durée de vie qui dépasse 10, 20, voire 30 ans. Un critère à prendre en considération au moment d’investir, car c’est de la durée de vie du produit (aussi appelée « maturité »), que dépend la réussite de votre projet. Autrement dit, mieux vaut calquer l’horizon de votre objectif financier sur celui de votre produit.

Là encore, c’est une question de logique : en pensant « long terme », vous n’aurez pas à vous inquiéter outre mesure des petites fluctuations du quotidien. Même si vous subissez des pertes dans votre portefeuille, elles seront minimes et n’impacteront pas votre objectif à long terme.

Par exemple : pour récupérer sa mise sur une assurance vie, mieux vaut attendre 8 ans, car la fiscalité sera plus avantageuse. À l'inverse, un PEA devient fiscalement intéressant après seulement 5 ans. Quant au Plan Épargne Retraite, il est véritablement avantageux au moment du départ en retraite.

Étape 3 : testez votre profil d'investisseur 

Lorsque vous investissez, vous devez prendre en compte le ratio risque / rendement, qui varie selon les produits financiers. En effet, il est impossible d'avoir à la fois un capital protégé à 100 % et un rendement très performant. Pour la simple raison que les supports d'investissements qui permettent les meilleurs rendements sont aussi les plus volatils : ils dépendent de la santé des marchés financiers, peu prévisibles. 

Interrogez-vous sur votre niveau de tolérance au risque. La question à vous poser est la suivante : est-ce que je préfère viser un rendement élevé, mais avec le risque d'une perte en capital ? Ou est-ce que je préfère sécuriser mon capital, mais avec un rendement modéré ? 

On classe les profils d'investisseurs en 3 catégories :

1. prudent : la protection du capital est la priorité ;
2. équilibré : le capital est modérément exposé à un risque de perte, moyennant une recherche de rendement ;
3. dynamique : le risque de perte du capital est réel, mais il y a aussi de meilleures chances d'obtenir un rendement performant. 

Le profil équilibré représente en général un bon compromis pour appréhender le fonctionnement d'un support d'investissement tout en limitant la casse en cas de performance mitigée. 

Quel est le meilleur investissement en 2023 ?

Il n’existe pas de méthode unique pour trouver le meilleur placement en 2023. Tout dépend de vos finances, vos objectifs, des risques que vous êtes prêt à prendre, etc. Mais globalement, un investissement réussi s’articule autour de quatre préconisations ;

  1. diversifier vos placements ;
  2. penser sur le long terme ;
  3. être régulier dans ses versements ;
  4. investir des sommes raisonnables.

Sur quels produits investir ?

Méfiez-vous des solutions d'investissement qui vous promettent monts et merveilles en quelques mois. Le temps est l'allié de l'investisseur : mieux vaut miser sur des produits financiers qui ont fait leurs preuves et qui permettent d’espérer un bon retour sur investissement sur le long terme. 

Voici 4 produits adaptés aux investisseurs débutants, avec un ratio risque / rendement équilibré et un ticket d'entrée abordable.

L'assurance vie
On l'appelle le couteau suisse de l'investisseur : très souple, elle offre une porte d'entrée pour investir dans de très nombreux actifs. Elle vous suivra durant toute votre vie d'investisseur ! Elle offre aussi un bon avantage fiscal après 8 ans : vous bénéficiez d’un abattement fiscal sur vos gains et intérêts, à hauteur de 4 600 euros pour une personne seule (et 9 200 euros pour un couple).
Conseil pour débuter : choisissez de préférence une assurance vie en gestion pilotée. Cela signifie que vous n'aurez pas à arbitrer vous-même vos placements, mais que vous en déléguerez la gestion à un mandataire qui prendra en compte votre profil d'investisseur (prudent, équilibré ou dynamique). 
Ticket d'entrée : 100 euros (variable selon les organismes).

Le PEA classique
Le PEA (Plan d'épargne en actions) permet, comme son nom l'indique, d'investir dans des actions européennes. Il est comparable à l'assurance vie dans la mesure où il est très modulable et offre une défiscalisation sur les gains. 
Le PEA est une bonne porte d'entrée si vous souhaitez investir en Bourse. En revanche, il faut attendre 5 ans avant de récupérer l'argent déposé sur votre PEA : si vous le faites avant cette date, vous perdrez tout l'avantage fiscal et le PEA sera clôturé. 
Conseils pour débuter : nous vous recommandons d'investir dans des ETF (Exchange Traded Funds, des fonds d’investissement répliquant l’évolution d’un indice boursier), et de vous y tenir. C'est ce qu'on appelle du « lazy investing », ce qui vous permet de commencer à investir rapidement, sans avoir à arbitrer vous-même vos investissements.
Ticket d'entrée : 10 euros.

La SCPI 
Vous voulez investir dans l'immobilier, mais votre apport est modeste ? La SCPI, ou pierre-papier, pourrait bien vous intéresser. Le principe : vous achetez des parts d'un parc immobilier, que vous détenez donc en commun avec d'autres investisseurs, et qui est géré par une Société Civile de Placement Immobilier. Ainsi, vous pouvez commencer à construire votre patrimoine immobilier tout en déléguant sa gestion et en partageant les risques avec vos co-détenteurs.
Conseils pour débuter : il existe plusieurs types de SCPI : SCPI de rendement, SCPI fiscale... L'idéal : faire une simulation de SCPI pour savoir quel est le meilleur dispositif en fonction de votre situation. Climb vous propose un simulateur et un suivi patrimonial pour faire les bons choix !
Ticket d’entrée : chez Climb, vous pouvez investir en SCPI à partir de 1000 euros. Il est recommandé d'investir de 20 000 à 30 000 euros pour dégager un rendement intéressant.

Bon à savoir
Lorsque vous ouvrez un produit financier, vous payez des frais supplémentaires (dossier, gestion) à l'organisme qui vous le propose. Or, certaines banques ont tendance à gonfler les frais à 2 % voire plus, ce qui annule la rentabilité de votre investissement sur plusieurs années. Attention donc aux frais de dossier et de gestion ! 

Quel est le montant minimum pour investir ?

Comme on l’a vu, les tickets d’entrée pour investir sont variables en fonction du type d’investissement que vous visez. Mais, dès 10 euros, vous pouvez ouvrir un PEA et l’alimenter à la fréquence que vous souhaitez. Cela vous permet aussi de prendre date pour arriver aux 5 ans d’ancienneté de votre PEA, âge à partir duquel la fiscalité devient intéressante.

Néanmoins, l’investissement n’est pas un one-shot : c’est une question de régularité sur le long terme. Plutôt que de mettre 2000 euros sur une assurance-vie et ne plus y toucher, mieux vaut dégager 50 euros par mois pendant 5 ans : cela vous permettra de bénéficier des intérêts composés et d’investir de façon plus indolore. 

Quelle somme investir dans l’immobilier ? 

En France, l’immobilier a un statut de Saint Graal : réputé coûteux et difficile d’accès, il est souvent indissociable du fameux “apport” dans l’esprit des Français. 

Or, si l’apport pour investir dans la pierre est effectivement un pré-requis important pour l’achat d’une résidence principale, il peut varier selon les types d’investissement :

  • dès 1000 euros, vous pouvez investir en SCPI ;
  • vous pouvez effectuer un crédit immobilier sans apport en recourant à l’investissement locatif défiscalisé comme la loi Pinel ;
  • enfin, pour un achat de résidence principale, il est conseillé d’avancer un apport de 10 % minimum du prix du bien (et idéalement 20 %).

Quelles sont les idées reçues sur l’investissement ?

L’investissement est réservé aux riches

Rien n’est plus faux ! L’investissement s’adresse à toute personne désireuse d’optimiser ses finances personnelles et d’obtenir des rendements. Certes, il est plus facile de se lancer dans des spéculations financières ou des placements à risques lorsqu’on dispose déjà d’une certaine trésorerie. Pour autant, les placements les plus rentables ne sont pas réservés aux plus aisés : comme on l’a vu, vous pouvez commencer à investir avec quelques centaines d’euros.

Il faut être propriétaire pour investir dans l’immobilier

Ne pas être propriétaire de sa résidence principale ne constitue pas forcément un frein à l’accession au prêt immobilier. De plus en plus de jeunes investisseurs commencent à se constituer un patrimoine en réalisant un investissement immobilier locatif plutôt que par la résidence principale. 

Pensez également aux SCPI, dont les parts peuvent être souscrites à crédit ou en direct, avec des tickets d'entrée à 1 000 euros !

Les actions, c’est trop risqué

Le placement en actions souffre d’une mauvaise image. Et pourtant, c’est une solution très rentable… à condition de se projeter sur du long terme. À moyen/court terme, vous courrez effectivement le risque de subir des pertes. Mais à long terme, c’est le contraire :  les placements en actions sur les principaux marchés boursiers s’avèrent généralement plus rentables que des placements présentant peu de risques. 

Fiscalement, l’investissement est un enfer

Si la France est connue pour exercer une pression fiscale sur ses entreprises, c'est beaucoup moins le cas avec les investissements individuels. Par ailleurs, il existe aujourd'hui de nombreux acteurs spécialisés dans la gestion de patrimoine. Chez Climb, nos experts en finances personnelles peuvent vous renseigner sur les mécanismes des divers placements, leurs avantages fiscaux et leurs pièges.

Avec mon Livret A, mon argent est en sécurité

Oui et non. Le Livret A constitue une sécurité dans le sens où il est complètement indépendant des marchés financiers. Face à la montée de l'inflation ces derniers mois, il a été décidé de remonter le taux de rémunération du livret A à 3 % au début de 2023 : un taux intéressant, mais à court terme, puisqu'il dépend du niveau d'inflation et est donc réajusté régulièrement à la hausse... comme à la baisse. 

Le Livret A n'est pas un support d'investissement : vous pouvez stocker votre épargne pour y avoir accès rapidement, mais pour valoriser votre argent sur la durée, mieux vaut se tourner vers d'autres produits financiers plus performants !

L’assurance vie est un placement bloqué et contraignant

Lorsqu’on entend « assurance vie », on pense de suite aux 8 ans de blocage, aux retraits imposables, aux fonds à formules à consonance complexe, aux rendements inespérés, etc. Pourtant, le « couteau suisse de l’épargne » comme on le surnomme, est simple, accessible et souple. Les nouveaux contrats sont accessibles dès 100 euros, voire 50 euros, avec des versements ponctuels ou programmés. Les versements peuvent être interrompus ou réduits, en fonction des besoins. Et vous pouvez effectuer des rachats partiels ou totaux de votre capital, même avant 8 ans !

Investir dans l’immobilier, c’est trop risqué

Si le risque zéro n’existe pas, vous pouvez très facilement réduire ce risque de plusieurs façons :

  • les petits logements (studios, T1) neufs ou rénovés sont très recherchés : misez sur des biens de petite surface en vous focalisant sur des zones géographiques où la demande est importante ;
  • mutualisez les risques en achetant des parts de SCPI de rendement ;
  • investissez de petites sommes grâce au crowdfunding immobilier ;
  • avec le statut Loueur en Meublé Non Professionnel.

Sources

Investir en Bourse - service-public.fr
Indices Notaires-Insee des prix des logements anciens - insee.fr
J’investis dans la location meublée - impots.gouv.fr
Crypto-monnaies, crypto-actifs : comment s'y retrouver ? - economie.gouv.fr
La performance comparée des différentes stratégies d'épargne sur supports français - amf-france.org
Qu’est-ce que l’assurance vie ? - impots.gouv.fr
Plan d’épargne retraite (PER) - service-public.fr
Dérivés ou produits structurés - amf-france.org

Foire aux questions

🤝 Où investir quand on est jeune ?

Vous avez constitué votre fonds de sécurité et vous cherchez un support d’investissement à horizon 5 ans et plus ? C’est l’occasion d’ouvrir un PEA : vous pouvez le paramétrer selon votre rapport au risque, choisir les actions européennes dans lesquelles vous voulez investir, et effectuer des versements libres.

🤝 Comment placer son argent en période de crise ? 

En période de crise, un conseil vaut de l’or : diversifier vos placements. Ne mettez pas tout sur votre Livret A, sous peine de voir votre épargne fondre sous l’effet de l’inflation. À l’inverse, ne misez pas à 100 % sur l’assurance vie ou le PEA, sujets aux fluctuations du marché. Le plus prudent ? Répartir votre argent dans plusieurs supports (immobilier, Bourse, livret d’épargne…) afin de sécuriser vos finances.

🤷 Où investir son premier salaire ?

Dans la plupart des cas, lorsque vous touchez vos premiers revenus, vous n’avez pas encore un matelas de sécurité bien fourni. La priorité est donc d’alimenter votre épargne afin de gérer plus sereinement vos finances et de bâtir votre stratégie d’investissement sur des bases solides et saines.

🤝 Quel budget pour commencer en Bourse ? 

Au-delà d’un ticket d’entrée accessible (10 euros pour un PEA), il est recommandé d’investir en Bourse avec un petit apport si l’on souhaite bien résister aux inévitables fluctuations : le minimum recommandé est de 2 000 euros, et dans l’idéal entre 7 000 et 10 000 euros d'investissement