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Actualités25 mai 2022

Pouvoir d'achat : que nous réserve le quinquennat ?

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Le 24 mai, le second tour du scrutin présidentiel s’est soldé par la réélection d’Emmanuel Macron.
Celle-ci a été annoncée dans un contexte économique difficile, profondément marqué par la guerre en Ukraine et l’inflation galopante aux quatre coins du monde.
En Europe tout particulièrement, la hausse des prix inquiète. Les ménages s’alarment de voir leur pouvoir d’achat fondre comme neige au soleil et le gouvernement multiplie les mécanismes de protection.
Dans ces conditions peut-on être optimiste quant au second quinquennat Macron ?
À quoi s’attendre pour les cinq années à venir ? Les prix cesseront-ils d’augmenter ? Et si non, comment faire face à l’inflation ? Comment protéger son argent de la flambée générale ?
Nous répondons à ces quelques questions pour vous aider à prendre les bonnes décisions avec votre argent.

L’inflation toujours plus présente dans les esprits

La hausse des prix secoue les ménages depuis déjà quelques mois. Et elle a continué de gagner du terrain ces dernières semaines. Le sujet du pouvoir d’achat était d’ailleurs l’inquiétude principale des électeurs pendant les présidentielles. 

80 % des Français sont préoccupés par le pouvoir d’achat, et 70 % ne font pas confiance au prochain gouvernement pour les protéger, selon un sondage OpinionWay-Square pour Les Echos. D’après cette enquête, l’inquiétude des contribuables porte principalement sur ces sujets :

  • les prix de l’énergie : 91 % ;
  • les prix des produits alimentaires : 90 % ;
  • les prix du logement : 81 % ;
  • l’économie mondiale : 80 % ;
  • l’économie européenne : 78 % ;
  • l’économie française : 77 %.

La France est « le pays de la zone euro où l’inflation est la plus contenue, car nous sommes le pays de la zone euro qui a pris les mesures les plus ambitieuses, les plus fortes, et le plus tôt, pour protéger le pouvoir d’achat des concitoyens », d’après Gabriel Attal. Néanmoins, le repli de l’inflation ne devrait pas se produire avant l’année prochaine, selon la Banque de France.

Quel est le bilan du premier quinquennat Macron ?

Quelles ont été les mesures de ce quinquennat ?

Au cours du dernier Conseil, les ministres sont revenus sur les différentes mesures mises en place au cours du premier quinquennat. Le gouvernement refuse de laisser penser que rien n’a été fait ces derniers mois pour protéger le pouvoir d’achat des Français. Parmi les différentes mesures mises en place, il y a eu :

  • le bouclier tarifaire sur l’énergie ;
  • l’indemnité inflation ;
  • la prime Macron ;
  • la réduction à la pompe de 18 centimes.

Bon à savoir

La remise est de 15 centimes hors taxe par litre. Avec la TVA, la réduction atteint 18 centimes par litre, soit 9 € pour un plein de 50 litres.

Des dispositifs faits pour durer

Plusieurs de ces prestations perdureront au moins jusqu’à la fin de l’année. C’est notamment le cas du bouclier tarifaire instauré en automne dernier pour contrer la hausse des prix de l’énergie. Grâce à ce dispositif, les ménages français ont pu être protégés des hausses de tarifs qui auraient atteint + 80 % pour le prix du gaz et + 35 % pour l’électricité sans bouclier tarifaire.

La ristourne de 18 centimes sur le litre d’essence sera quant à elle prolongée après le 31 juillet. Mais le gouvernement souhaite qu’elle fasse place à un dispositif pérenne qui sera réservé à certains foyers en fonction de leurs revenus et de l’utilisation de leur véhicule dans un cadre professionnel.

Autre mesure maintenue : dans le secteur privé, les salariés pourront profiter du triplement de la prime Macron. Elle atteindra ainsi 6 000 € et restera sans cotisations sociales et non imposable. Pour rappel, la prime Macron, ou prime de pouvoir d’achat, avait été créée en 2019 suite au mouvement des gilets jaunes. Ce dispositif permet aux employeurs de verser à leurs salariés percevant moins de trois fois le SMIC une prime exonérée de l'impôt sur le revenu, des cotisations salariales et des contributions sociales. En résumé, voici ce qui perdurera durant ce second quinquennat Macron :

Quelle est la suite du programme ?

Quelques nouveautés pour cet été

Pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron a assuré que les mesures servant à favoriser le pouvoir d’achat seraient les premières à être adoptées. C’est pourquoi le gouvernement planche sur une série de mesures permettant aux Français de faire face à l’inflation. Ces mesures, qui devraient être dévoilées d’ici cet été, seront présentées au Parlement après les élections législatives « pour pouvoir être adoptées très rapidement » d’après l'ancien porte-parole du gouvernement. Les ménages pourront ainsi profiter de nouveaux mécanismes :

  • la suppression de la redevance TV, soit une économie de 138 € pour 23 millions de ménages ;
  • l’allègement de la fiscalité sur les successions et donations ;
  • la baisse des charges pour les travailleurs indépendants, ce qui représente 8 milliards d’euros de réduction.

L’exécutif prévoit également de revaloriser les prestations sociales le 1er juillet. Il en est de même pour la revalorisation des retraites. Voici un résumé de ces mécanismes prévus par le gouvernement :

En parallèle, l’objectif majeur du second quinquennat est de poursuivre la voie débutée au cours du premier concernant l’attractivité de la France et la compétitivité des entreprises. Pour cela, des baisses d’impôts entreront en vigueur pour les professionnels avec la suppression de la cotisation sur la valeur ajoutée (CVAE).

Des hausses de salaire à venir ?

Bruno Le Maire a reçu les acteurs patronaux à Bercy en début de semaine. L’objectif était de les convaincre de participer à l’effort visant à contrer les effets de la hausse des prix, car selon lui, la charge des mesures pour faire face à l’inflation ne doit pas reposer uniquement sur l’État. C’est pourquoi le ministre de l’Économie souhaite que les entreprises agissent contre l’inflation par le biais de la prime Macron, par une hausse des salaires et par des accords de branche.

Bon à savoir

Un accord de branche est une convention collective signée entre les représentants d’une entreprise et un ou plusieurs syndicats représentatifs au sein de la branche.

Il encourage donc les patrons qui peuvent se le permettre à augmenter les salaires de leurs employés. Pour les petites structures aux moyens plus limités, il sera possible de s’appuyer sur la prime Macron.

Une autre mesure visant à augmenter les salaires a été évoquée pendant la campagne présidentielle : le dégel du point d’indice servant de base au calcul des salaires des agents publics. Cette annonce a été faite en mars, mais aucune précision n’a été apportée par l’exécutif pour l’instant. Le président toutefois a annoncé qu’il souhaite «  une réforme complète des grilles et de l’organisation de la fonction publique » pour cet été. 

Quoi qu’il en coûte, la suite ?

Combien cela coûtera-t-il à l’exécutif ?

La note risque d’être salée pour le gouvernement, et les mesures envisagées par l’exécutif feront certainement grimper la dette publique. En effet, celle-ci atteindrait 113,5 % à la fin de l’année. Et avec la suppression de la redevance TV, la facture s’élèvera à 3,2 milliards d’euros par an pour l’État

Au total, le programme économique de Macron est estimé à 50 milliards d’euros. Ce coût doit être couvert par d’importantes économies au cours du quinquennat. Dans le détail, les 50 milliards seront répartis entre 15 milliards de réduction de la fiscalité et 35 milliards de nouvelles dépenses. Emmanuel Macron prévoit également 35 milliards d’euros de nouvelles dépenses publiques :

  • 12 milliards pour l’éducation ;
  • 10 milliards pour la transition énergétique ;
  • 8 milliards pour la santé ;
  • 5 milliards pour la famille.

Le président mise entre autres sur le recul de l’âge de départ à la retraite et la création d’emploi pour compenser cette dette. La modernisation et la numérisation des services publics devraient également permettre de faire économiser 15 milliards d’euros. Enfin, l’État devrait pouvoir économiser 20 milliards d’euros grâce à la réduction des dépenses courantes.

Il faut cependant garder à l’esprit que ces chiffres sont des prédictions. Dans les faits, le déficit public n’est pas à l’abri de s’aggraver un peu, notamment en raison du maintien du bouclier tarifaire face à la flambée des prix de l’énergie.

Les promesses du gouvernement

D’autres dispositifs pourraient voir le jour pendant ce quinquennat. Une mesure destinée aux foyers les plus modestes est en discussion depuis plus d’un an. Il s’agit du chèque alimentation, qui serait un chèque de 50 à 60 € par mois réservé aux ménages percevant des minima sociaux. Cependant, ce chèque n’a toujours pas vu le jour. Julien Denormandie avait prévu une entrée en vigueur après la réélection de Macron et avant la fin de l’année. Mais il semble que Bercy n’est pas encore prêt à se prononcer, ce qui rend les associations caritatives sceptiques. 

Parmi les mesures du programme d’Emmanuel Macron, il était également question d’un dividende salarié. L’objectif : redistribuer aux salariés une partie des bénéfices de l’entreprise dans laquelle ils travaillent. Le montant du dividende serait donc calculé en fonction des profits de celle-ci.

Comment protéger son pouvoir d’achat ?

Investir dans l’immobilier locatif

Comme dit précédemment, les Français disposent de différentes aides mises en place par le gouvernement pour protéger leur pouvoir d’achat face à l’inflation. Mais ce n’est pas suffisant. Afin de faire face à la hausse des prix, les contribuables doivent placer leur argent. Pour que leur capital soit préservé et qu’un rendement supérieur à l’inflation soit possible (donc un rendement d’au moins 5 %), la meilleure option est l’immobilier locatif. Pourquoi le locatif est-il intéressant en période d’inflation ?

Pour commencer, les taux d’emprunt sont avantageux. En effet, ils sont inférieurs à 2 % depuis déjà 6 ans, ce qui est historique. D’ailleurs, la Banque Centrale Européenne prévoit de les augmenter d’ici la fin de l’année. C’est pourquoi il vaut mieux en profiter dès maintenant. Par ailleurs, la France est l’un des seuls pays dans lesquels il est possible d’emprunter sur une longue durée à taux fixe. Aussi, autant profiter des taux actuels pour contracter un prêt avant qu’ils repartent à la hausse !

Avec l’inflation viennent l’augmentation des loyers, qui sont indexés sur l’indice de référence des loyers (IRL), et l’augmentation des coûts de la construction. Ce qui mène fatalement à l’augmentation des prix de l’immobilier. Par conséquent, investir dans l’immobilier est la garantie de voir votre actif prendre de la valeur.

Dernier point important : en France, il est possible d’emprunter sans apport. Concrètement, votre banque ou votre organisme de crédit peut financer votre projet à 100 %. Ce qui vous permet de bénéficier d’un véritable effet de levier et d’un retour sur investissement avantageux. Pour une rentabilité locative nette de 5 %, le retour sur investissement est estimé à plus de 10 %.

Bon à savoir

Pour rappel, l’effet de levier désigne l’utilisation de votre capacité d’endettement pour augmenter votre capacité d’investissement

Parmi les investissements locatifs dans lesquels il peut être intéressant de placer son argent en période d’inflation, il y a entre autres les sociétés civiles de placement immobilier (SCPI). Mais comment cela fonctionne exactement ? 

Le principe est simple : la SCPI est gérée par une société de gestion. Celle-ci est chargée de l’acquisition de biens pour composer son parc immobilier. Pour cela, elle utilise le capital de ses souscripteurs. Son rôle est ensuite de mettre ces biens en location, de collecter les loyers puis de les reverser aux actionnaires. Ceux-ci perçoivent des revenus locatifs au prorata du nombre de parts qu’ils détiennent dans la SCPI.

Investir dans les obligations indexées sur l’inflation

La hausse de l’inflation a donné envie à bon nombre d’investisseurs de s’intéresser aux obligations indexées sur l’inflation (OII). La valeur de ces obligations est ajustée régulièrement au gré de l’inflation, avec un décalage de 2 à 3 mois.

Il s’agit d’un marché très peu liquide, et les investisseurs en acquièrent généralement via des instruments de placement collectifs tels que des fonds de placement ou encore des ETF. Sans être un remède magique face à l’inflation, les OII restent une option de diversification intéressante à long terme dans le contexte actuel. Il faut néanmoins rester prudent, comme pour l’acquisition d’obligations traditionnelles.

Bon à savoir

Une action et une obligation sont deux types de titres différents. L’action est un titre de propriété équivalant à une fraction du capital d’une société. Quant à l’obligation, c’est une fraction de la dette d’un État ou d’une entreprise. Les actions peuvent verser des dividendes tandis que les obligations peuvent verser des coupons.

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